Comme je l'avais déjà souligné dans un article précédent, le système universitaire mexicain est très différent de l'enseignement tel qu'il est pratiqué en France.
Pour le petit rappel :
- il est tout à fait normal pour un étudiant mexicain de sortir de la classe pour un temps indéterminé, voire de décrocher son téléphone en plein cours
- le cours en lui-même est très interactif, et il est coutume d'interpeller le prof "profe", voir de lui claquer une petit bise
- mais si les cours sont rendus vivants par le prof, c'est sans doute parce que le fond est souvent assez...creux !
- enfin, la caractéristique principale du système mexicain, ce sont les tareas (ce sont les devoirs quotidiens d'exercices stupides, de "j'apprends-par-coeur-un-chapitre-de-livre-parce-que-demain-je-vais-avoir-une-interro-et-je-vais-devoir-le-recracher-mot-pour-mot-avant-que-le-prof-nous-repasse-le-même-chapitre-en-power-point") qui nous donnent l'impression de revenir sur les bancs de l'école primaire
Alors voilà, pour faire plaisir à mon petit papa, je me propose d'illustrer mes propos par quelques exemples d'expériences vécues ou rapportées par mes colocs :
LA RECOMPENSE
Je vais commencer par vous raconter ma petite aventure en classe de yoga : mon prof est fan de moi (il me claque la bise en arrivant), alors il a décidé de me pré-sélectionner pour recevoir le (très honorable) titre d'alumna destacada. Je traduis : en langage Tec-de-Mty-ou-bienvenue-chez-les-mignons-petits-étudiants-bien-dociles-destinés-à-former-la-future-élite-mexicaine-donc-on-les-récompense-pour-des-conneries, ça veut dire que je suis une élève modèle (pour mon assiduité, mon application et mon attention en classe... de yoga !) ; ce qui signifie que je vais devoir passer un prueba (un petit test de positions de yoga), puis, si je suis dans la sélection finale, j'aurais le privilège de me présenter devant les dirgeants du Tec pour recevoir un diplôme et un petit prix. Non mais quelle CHANCE !
LES PETITS AVIONS EN PAPIER
Autre exemple : lors d'un de ses cours, un de mes colocs, en étude d'ingénieur industriel, a passé 1h30 à faire des avions en papier. Je vous explique : sa classe a été divisé en trois parties
- les fournisseurs (fournissant du papier)
- l'usine de fabrication (avec le négociant achetant la matière 1è et les "machines" fabriquant les objets)
- les clients
Vous l'aurez compris, mon coloc était une "machine"... D'où la fabrication d'avions en papier, revendus aux clients...
J'aimerais voir la tête d'un prof d'une grande école ou d'une fac française entrant dans cette salle de classe.
LE DEGUISEMENT
C'est ma dernière expérience en date, lors de mon cours de négociation internationale ! Je vous explique : moi et mon équipe représentions une entreprise de real estate development en Inde pour une négociation de joint-venture avec une compagnie allemande. Aussi, puisque nous devions agir comme de véritable Indiens, il fallait se mettre à fond dans la peau du personnage. C'est pourquoi je me suis retrouvée à me rendre au Tec en sari (improvisé), bijoutée de partout, avec la tresse et le binti rouge sur le front, à offrir du thé à mes "collègues allemands" tout en les bombardant de questions sur leurs impressions sur l'Inde et de "Namaste Misterrrr" et autres "Yes Misterrrrrr". Pour votre culture générale, sachez que lors d'une négociation, un Indien privilégie une relation très personnelle avec l'autre et à l'habitude d'offrir du thé, tout en s'engageant dans de banales conversations.










